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La Colombie reconnaît de nouveau les territoires sacrés de la Sierra Nevada de Santa Marta

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Après l’annulation de la « Línea Negra » ce début d’année, le président colombien Gustavo Petro a récemment signé un nouveau décret reconnaissant l’existence de cette ligne. Cette décision marque une étape importante pour les droits territoriaux et spirituels des peuples Kogis, Arhuacos, Wiwas et Kankuamos. Pour les peuples de la Sierra, il ne s’agit pas d’une simple frontière tracée sur une carte. La Línea Negra relie de sites sacrés, montagnes, rivières, plages, pierres ou lieux cérémoniels qui forment ensemble une géographie vivante et spirituelle. Ces lieux sont considérés comme essentiels à l’équilibre du monde et au maintien de l’harmonie entre les êtres humains, la nature et les forces invisibles. Cette vision du territoire diffère profondément de notre conception occidentale de l’espace. Ici, la terre n’est pas une ressource à exploiter, mais un être vivant avec lequel il faut maintenir une relation d’équilibre et de responsabilité.

Un premier décret adopté en 2018 avait reconnu cette délimitation sacrée. Mais début 2026, le Conseil d’État colombien l’a annulé pour des raisons administratives et de procédure. Le nouveau décret signé cette année en concertation étroite avec les autorités traditionnelles vise donc à rétablir cette protection juridique après un nouveau processus de dialogue. Il reconnaît officiellement l’importance culturelle, spirituelle et écologique de ces territoires et renforce leur protection face aux pressions minières, touristiques et industrielles.

Au-delà de l’enjeu juridique, cette décision reflète une évolution plus large en Colombie, celle d’un pays qui ouvre progressivement la voie à une reconnaissance des droits de la nature et des savoirs autochtones dans la gouvernance des territoires.

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