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Restitution de terres

Entre 1997 et 2017, près de 2000 hectares de terres ont été rachetés et restitués, suivant un processus rigoureux qui intègre des phases de repérages sur le terrain, de cartographie, d’évaluation commerciale, de rédactions des actes notariés, d’enregistrements administratifs en lien avec les autorités colombiennes et les autorités traditionnelles kogis. Près de 60 familles ont pu se réinstaller sur leurs terres ancestrales, près de 1200 hectares de forêts ont été régénérés. Il s’agit soit de démarches d’agrandissement des réserves indiennes actuelles, soit de régularisation de la situation de terres situées à l’intérieur des réserves actuelles, mais appartenant à des non-indigènes.

Mendihuaca

L’essentiel des rachats de terres réalisés est concentré sur la vallée de Mendihuaca. Il s’agit en effet de tenter de reconstituer une continuité territoriale nécessaire aux Kogis pour faire vivre leur culture semi-nomade structurée autour des différents étages thermiques de la Sierra Nevada. En 2018, la situation se tend à nouveau sur certaines terres kogis avec la réapparition de mafias qui contrôlent les installations touristiques environnantes, mettant en danger l’équipe de Tchendukua-Aqui y Allá et nous obligeant de fait à suspendre nos activités dans cette vallée.

Vallée Mendihuaca

Cette vallée, ancienne vallée à grains de la civilisation précolombienne des Tayronas, ancêtres des Kogis, abrite une multitude de sites sacrés peu connus, voire peu ou pas répertoriés. D’une biodiversité remarquable, sa position abrupte face aux vents alizés lui confère le rôle de château d’eau pour tous les habitants de la région. Une vallée dont il est urgent de préserver l’incroyable biodiversité lorsque l’on sait que la déforestation atteint aujourd’hui 72 % de sa surface totale de la Sierra.

Dans cette vallée, ce sont près de 1000 hectares qui ont déjà été restitués, structurés autour de trois espaces géographiques spécifiques : le bas de la vallée (200 / 500 mètres) où est mis en place un village « talanquera » (frontière) pour tenter de limiter l’intrusion massive et sauvage du tourisme ; le haut de la vallée (1000/1600 mètres) pour là aussi limiter les accès sur les territoires Kogis ; et la zone centrale de la vallée où se situe une zone forestière et des espaces plats qui intéressent particulièrement les Kogis, afin de réinstaller l’un de leurs villages capitales.

Kalentukua : Terre située dans la réserve RKMA, en dehors de la vallée de Mendihuaca

Achetée en 2016, l’acquisition légale de cette terre correspondait à une priorité stratégique de la communauté kogi. Localisée dans les limites des réserves officielles indiennes, une communauté kogi y était déjà installée depuis 2014, mais sans titre de propriété. Située sur le territoire de la municipalité de Rioacha (département de La Guajira), sa surface est de 130 ha.

Kalentukua

Terres Wiwa

Suite aux accords passés entre les Wiwas -peuples frères des Kogis- et Tchendukua-Ici et Ailleurs en décembre 2017, le rachat en 2018 de 185 hectares de terres au bénéfice des Wiwas est le premier résultat de ce partenariat. A leur initiative, les Wiwas ont eux-mêmes cofinancé cette opération.

Saga Wiwa

Saga Wiwa

Le réveil d’une cité précolombienne et la terre dite des « pétroglyphes »

Située au cœur des hautes vallées de la Sierra, la terre dite « des pétroglyphes » abrite un ensemble de terrasses, escaliers de pierres qui témoignent aujourd’hui encore de la grandeur de cette extraordinaire civilisation que fut la civilisation Tayrona. Pour Tchendukua – Ici et Ailleurs, il s’agit non seulement d’essayer de racheter et restituer ce site hors du temps à la communauté Kogi, mais aussi et surtout d’accompagner ses autorités spirituelles afin qu’elles réveillent cette « mémoire » des temps anciens. Un cas unique au monde dans lequel une société précolombienne encore en état de marche et porteuse d’une culture vivante pourrait réveiller l’un des sites de ses ancêtres.

La Terre Des Pétroglyphes

Les sites où étaient construits leurs cités n’étaient jamais choisis au hasard mais bien en fonction d’un ensemble d’informations précises, reflet de « l’esprit du lieu », qu’il s’agisse des cours d’eau, de l’exposition au soleil, des zones saines ou dangereuses, notamment en matière de fièvre jaune, et bien sûr, du travail spirituel qui incombait aux « naomas », sans doute les ancêtres des actuels mamas. C’est au carrefour de deux cours d’eau tumultueux, sur l’éperon abrupt d’un versant de la vallée, qu’a été localisé un ensemble de plateformes qui semble dominer la vallée, comme la proue d’un ancien vaisseau de pierre au-dessus d’un océan de forêts. De cette terrasse part un escalier de pierres, aux marches immenses, qui descend vers les torrents furieux que l’on devine en contrebas. L’impression est saisissante. On ne peut s’empêcher d’imaginer ce que pouvait être la vie des habitants de cette cité, dans les replis de cette vallée perdue, où la puissance du vivant se déploie dans une biodiversité foisonnante et encore intacte.

En bas de l’escalier, comme déposé par une main de géant, un ensemble de pierres couvertes de sculptures et autres « pétroglyphes ». Que sont ces sculptures, de quoi parlent-elles ? Ont-elles été réalisées par les Tayronas ? Auparavant, par une autre société précolombienne ? Plus tard ? Par d’autres sociétés plus anciennes ? Les actuels Mamas et Sagas peuvent-ils encore déchiffrer ou plus exactement se relier avec ce lieu et ses mystères ?

« Nous ne sommes qu’au début de nos investigations. En fait, on ne sait pas grand-chose de ces cités, de leur rôle, de leur fonctionnement. Tout le travail reste à faire. »

Luisa Fernanda HERRERA
Anthropologue, Institut Colombien d’anthropologie

Sierra Nevada de Santa Marta - Zones d'intervention

Carte Sierra Nevada de Santa Marta
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