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Vignoble dans le Chablis (Bourgogne)

Nourrir des sols vivants

Un terroir empli de mémoires anciennes, sources, particularités géologiques… Que faire quand 200 ha de viticulture en biodynamie se trouvent confrontés violemment aux changements climatiques et à la nécessaire évolution des pratiques agricoles ?

Ce laboratoire en un coup d’œil ! 

Le vignoble du Chablis en quelques mots !

Au cœur du vignoble de Chablis, seront réunit vignerons, scientifiques, habitants et représentants du peuple autochtone Kogi autour d’une même ambition : imaginer une viticulture capable de répondre aux défis du changement climatique. Sur un site pilote de 200 hectares, porté par Julien Brocard, cette démarche explore de nouvelles façons d’habiter et de cultiver le territoire en associant biodynamie, agroforesterie et recherche scientifique.

En croisant les savoirs contemporains avec les connaissances ancestrales des Kogis, le projet cherche à mieux comprendre les équilibres du vivant, restaurer la fertilité des sols, renforcer la biodiversité et redonner toute sa vitalité au terroir. Au-delà des pratiques agricoles, ce projet invite à porter un regard plus global sur le paysage, où l’eau, les sols, les arbres, la vigne et les êtres humains forment un même écosystème.

Cette expérimentation fait du vignoble de Chablis un véritable laboratoire à ciel ouvert, où se construit une vision d’avenir conciliant excellence viticole, résilience des territoires et respect du vivant.

Les acteurs du lieu

Les problématiques

Le vignoble de Chablis fait aujourd’hui face à de nombreux défis, hérités de plusieurs décennies de pratiques agricoles intensives et accentués par les effets du changement climatique. Si les appellations d’origine ont permis de valoriser économiquement les terroirs, elles ont également favorisé le développement de systèmes de monoculture qui ont progressivement appauvri les sols, réduit la biodiversité et fragilisé les équilibres naturels. Cette évolution se traduit par une augmentation des maladies de la vigne, comme le mildiou, une dépendance croissante aux interventions humaines et des coûts d’entretien toujours plus importants.

Face à ce constat, ce projet propose de changer de regard en considérant une parcelle non plus comme une simple exploitation agricole, mais comme un organisme vivant, inscrit dans un écosystème plus vaste où interagissent les sols, les arbres, les animaux, le vent, l’eau et les êtres humains. Cette approche holistique invite à renouer avec des pratiques anciennes telles que l’agroforesterie, les haies, les couverts végétaux ou la prise en compte des dynamiques naturelles du territoire afin de restaurer les équilibres du vivant.

Les vignes du Chablis

Au-delà des enjeux agronomiques, une autre problématique majeure concerne la perte de mémoire collective. Le vignoble de Chablis s’est construit au fil des siècles grâce à une relation étroite entre les hommes et leur territoire, notamment sous l’influence des moines cisterciens qui ont profondément marqué l’identité du paysage et de la viticulture locale. Retrouver « l’esprit chablisien », c’est aussi redonner du sens aux pratiques actuelles et reconnecter le présent avec l’histoire du territoire.

L’ambition n’est pas de remettre en cause la viticulture existante, mais d’accompagner sa transformation de manière progressive et concrète. En expérimentant de nouvelles pratiques sur des parcelles pilotes, le projet souhaite démontrer, par l’exemple, qu’il est possible de produire des vins de grande qualité tout en régénérant les sols, en renforçant la biodiversité et en construisant une agriculture plus résiliente. Cette démarche interroge également notre rapport au temps. Comment dépasser une logique de rentabilité à court terme pour retrouver une vision capable de préserver les terroirs et leur vitalité pour les générations futures ? Car derrière la qualité d’un vin se révèle aussi la santé de l’écosystème dont il est issu.

Le laboratoire expliqué par les acteurs du lieu

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