Retrouver nos mémoires avec l’Abbaye de Saint-Maurice
Notre mémoire, marcher dans les pas des Celtes !
Un territoire a-t-il une mémoire ? De quoi parle une « source sacrée » dont on ne connaît pas l’origine ? Quelle est la signification de ces « chemins de pierres » laissés par les Celtes, nos lointains ancêtres ?
Ce laboratoire en un coup d’œil !

L’Abbaye de Saint-Maurice en quelques mots !

Le projet vise avant tout à raviver la mémoire profonde du territoire en partant à la recherche des traces laissées par les anciens peuples celtes et en redécouvrant les vertus thérapeutiques d’une source considérée comme sacrée. Cette démarche s’inscrit dans une exploration à la fois sensible, historique et scientifique du paysage alpin, où les vestiges matériels et immatériels deviennent des points d’ancrage pour comprendre la relation ancienne entre l’être humain et son environnement.
Le programme s’organise autour de plusieurs temps d’immersion et de partage : des diagnostics croisés réunissant chercheurs, autochtones du lieu, praticiens et gardiens de traditions. Des bivouacs sur le terrain permettant une expérience directe du territoire, ainsi que des conférences destinées à mettre en dialogue les savoirs ancestraux avec les approches contemporaines de la géologie, de l’anthropologie et des sciences de la Terre.
Ce dialogue entre différentes formes de connaissance cherche à ouvrir de nouvelles perspectives pour interpréter les paysages et les héritages culturels qui les habitent.
Au cœur de la démarche se trouve également l’importance accordée au ressenti, à l’écoute attentive de la nature et aux formes d’intelligence sensible que développent les communautés en lien étroit avec leur milieu. Les participants s’attachent ainsi à imaginer de nouveaux récits capables de réactiver la dimension spirituelle du territoire, de nourrir des pratiques de soin pour la terre et de renforcer le lien spirituel entre les habitants, la nature et les Alpes. Et « Approfondir la compréhension du relief terrestre selon la vision systémique des Kogis, pour qui le territoire est un corps vivant.
Cette initiative prend la forme d’une collaboration inédite entre des acteurs suisses et des gardiens de savoirs issus de la Sierra Nevada. Un calendrier structuré de rencontres, d’ateliers et d’expérimentations, répartis tout au long de l’année 2026, vient rythmer cette dynamique collective, favorisant l’émergence d’un espace d’échange interculturel où se croisent traditions, sciences et expériences de terrain.


Les acteurs du lieu


Les problématiques
- Réveiller les mémoires Nantuates (ancêtres celtes, gardiens spirituels du Valais)
L’une des problématiques centrales consiste à réactiver la mémoire culturelle et symbolique associée aux Nantuates, peuple celte ayant occupé une partie des Alpes et du Valais. Au-delà des traces archéologiques, il s’agit d’interroger les héritages invisibles laissés par ces communautés : leur relation au paysage, leurs lieux de culte, leurs pratiques spirituelles et leur manière d’habiter la montagne. Le projet cherche ainsi à explorer comment ces mémoires anciennes peuvent encore résonner dans les territoires contemporains, à travers les récits, les toponymes, les sites sacrés ou les traditions locales. Réveiller ces mémoires ne signifie pas seulement les étudier, mais aussi créer des espaces d’écoute et de transmission où l’histoire, l’imaginaire et l’expérience du lieu peuvent dialoguer.


- Travailler sur l’origine de la source qui émerge au pied de la montagne et sur ses vertus thérapeutiques
La présence d’une source naturelle au pied de la montagne constitue un point focal du projet. Cette eau, à laquelle sont attribuées des propriétés thérapeutiques, invite à croiser plusieurs approches : hydrogéologique, historique, anthropologique et symbolique. Comprendre l’origine de cette source implique d’étudier son parcours souterrain, la composition minérale de l’eau et les dynamiques géologiques qui la rendent possible. Parallèlement, il s’agit de documenter les usages traditionnels et les récits qui entourent cette eau, pratiques de soin, rituels, croyances populaires, afin de saisir la manière dont les communautés ont interprété et intégré ses propriétés dans leur relation au territoire. La problématique consiste ainsi à articuler savoirs scientifiques et savoirs empiriques pour mieux comprendre la place de cette source dans l’écologie culturelle du lieu.
- Lecture des pierres et cheminement dans les lieux : les pierres de mémoire
Une autre dimension importante du travail repose sur l’exploration sensible du paysage à travers la « lecture » des pierres et des formations géologiques. Dans de nombreuses cultures anciennes, les pierres étaient perçues comme des marqueurs de mémoire, des repères territoriaux ou des supports symboliques. Le projet propose d’aborder ces éléments à la fois comme objets géologiques, témoins des transformations profondes de la montagne, et comme éléments culturels inscrits dans des parcours, des alignements ou des lieux particuliers. La marche, l’observation et l’interprétation collective deviennent alors des outils pour comprendre comment le territoire raconte son histoire. Ce cheminement dans les lieux vise à révéler les « pierres de mémoire », c’est-à-dire les points du paysage où se croisent géologie, histoire humaine et imaginaire.

