Attentes liées à la venue des Kogis
Ouvrir des espaces de dialogue et d’exploration
L’un des objectifs du projet est d’ouvrir des espaces de dialogue et d’écoute, permettant d’imaginer de nouveaux récits et de nouvelles pratiques. Cette démarche suppose aussi une forme de « désapprentissage » : il s’agit d’accueillir les perspectives portées par les Kogis sans chercher immédiatement à les interpréter à partir de nos propres références. Dans cet esprit, les connaissances et savoirs locaux ne leur seront pas présentés dans un premier temps, afin de privilégier une posture d’écoute et de laisser émerger des résonances spontanées entre leurs perceptions et le territoire.
Explorer les parallèles entre cultures celte et kogie
Le projet souhaite également approfondir certains parallèles entre les cultures celte et kogie. Ces deux traditions partagent notamment une forte culture orale et une vision selon laquelle l’écriture tend à fixer et figer le savoir.
Dans la tradition celtique, le bois est souvent associé à la vie et au monde des vivants, tandis que le minéral renvoie à la permanence et à la dimension éternelle. Chez les Kogis, une idée comparable existe : les êtres humains se transforment en pierre avant d’accéder à l’immortalité. Lorsqu’ils régénèrent une forêt, ils enterrent parfois des pierres, considérées comme des éléments capables de soutenir l’énergie du lieu. Dans cette perspective, les Kogis ont proposé de partager leur manière de travailler avec les pierres présentes dans certains sites ou collections, afin de réactiver symboliquement des lieux et des territoires.
Expérimenter de nouvelles pratiques
Certaines pratiques pourront également être expérimentées durant la rencontre, notamment l’idée de rendre durant la soirée ou la nuit ce qui a été pris au territoire pendant la journée, dans une logique d’équilibre avec le vivant. Cette expérience n’avait pas pu être réalisée lors de la rencontre précédente en 2023 et pourrait être approfondie cette fois-ci. Cette pratique pourrait ainsi constituer un moment important de la rencontre et permettre d’en approfondir le sens.

Lire le territoire à travers la géographie des montagnes
Enfin, le projet propose d’approfondir une lecture sensible du paysage alpin, notamment à travers l’orographie (l’étude des reliefs, des montagnes et des lignes de pente). La présence structurante du Rhône, les nappes géologiques retournées caractéristiques des Alpes ou encore certains points de résonance dans le territoire, du côté de l’Arve, de Cluses ou de la Pointe Percée, constituent autant d’éléments permettant d’interroger les liens entre géographie, histoire et perception des lieux. Ces observations ouvrent ainsi une réflexion sur les relations entre géographie, histoire et manière d’habiter et de percevoir les territoires.


