La Comtesse : GEOlab du vallon de Val Maravel (Haut-Diois, Drôme)
Régénérer un territoire
Comment mieux appréhender nos territoires, régénérer et ménager les lieux ? 130 ha d’espace laboratoire de landes et forêts en moyenne montagne à 1300 mètres d’altitude. Le dialogue avec les Kogis permettra-t-il de changer de pratiques sur le soin et la santé du territoire ? De changer les regards et les façons de faire ?
Ce laboratoire en un coup d’œil !

La Comtesse en quelques mots !

La venue des Kogis à La Comtesse au diagnostic croisé 1 de 2018
Nichée au cœur du Haut-Diois, La Comtesse est une école-laboratoire consacrée à la régénération des écosystèmes et au soin du vivant. Pensé comme un lieu d’expérimentation, de transmission et de coopération, le site explore de nouvelles formes de santé territoriale à travers l’acquisition et la préservation de terres, la restauration des sols, ainsi que la protection durable des ressources en eau.
À la croisée des savoirs scientifiques, écologiques et sensibles, La Comtesse développe une approche globale du territoire, attentive aux liens entre les milieux naturels, les usages humains et les dynamiques du vivant. Le projet accorde une place essentielle au dialogue interculturel avec le peuple Kogi, dont les connaissances ancestrales viennent enrichir les observations scientifiques et les diagnostics écologiques menés localement. Cette rencontre entre différentes visions du monde ouvre de nouvelles perspectives pour penser la relation entre l’humain et son environnement.
Le site porte également une démarche de cartographie sensible, qui cherche à réconcilier les approches rationnelles et intuitives du paysage. En associant chercheurs, habitants, artistes, naturalistes et acteurs locaux, La Comtesse devient un espace d’apprentissage collectif où se construisent de nouvelles manières d’habiter et de prendre soin du territoire. À travers ces collaborations, le projet ambitionne de faire émerger un modèle vivant de résilience environnementale, de partage des connaissances et de coopération entre les cultures et les disciplines.
Les acteurs du lieu


Les problématiques
Le Géolab de La Comtesse s’inscrit dans un territoire vivant traversé par de multiples enjeux écologiques, agricoles et hydrologiques. Avec le rachat en cours de 134 hectares de terres attenantes, aujourd’hui majoritairement cultivées, dont 20 hectares de prés de fauche. Le projet ambitionne d’expérimenter, à l’échelle réelle, de nouvelles pratiques de régénération des sols, de restauration de la biodiversité et de résilience territoriale. Cette démarche soulève des questions fondamentales : comment rétablir la vitalité de sols fragilisés par des usages intensifs ? Comment protéger durablement les ressources en eau tout en repensant les pratiques agricoles et forestières ? Et comment mieux comprendre les interrelations complexes entre les différents milieux qui composent ce paysage du Haut-Diois et de la vallée de la Drôme ?

La vallée de la Comtesse

Extrait d’un dessin d’Ana Maria Lozano, réalisé pendant la venue des Kogis en 2018
À l’échelle du grand territoire, La Comtesse est envisagée comme un espace stratégique dans le fonctionnement écologique de la vallée, notamment par son rôle potentiel de “château d’eau” alimentant les écosystèmes en aval. Cette fonction implique de repenser les modes de gestion des terres, des forêts et des ressources naturelles en tenant compte de la santé globale du territoire, humaine, animale, végétale et minérale. À une échelle plus fine, chaque espace du site est observé dans sa singularité : forêt, terres agricoles, zones humides, espaces habités ou sauvages deviennent autant de lieux d’étude et d’expérimentation pour comprendre leurs fonctions écologiques et les équilibres à restaurer.
Le Géolab s’intéresse notamment à la transformation de la forêt de pins d’Autriche, plantée au XIXe siècle, dont l’impact sur l’acidification et l’assèchement des sols interroge aujourd’hui dans un contexte de changement climatique. Le projet cherche ainsi à favoriser le retour d’espèces endémiques et une plus grande diversité forestière. Sur les terres agricoles, l’enjeu est de retrouver des sols vivants capables d’accueillir une faune et une flore riches, tout en développant des activités agricoles adaptées au territoire : maraîchage, vergers, élevage caprin et production fromagère. Ces initiatives ont vocation à être mises en réseau avec d’autres lieux partenaires, notamment la ferme de Montlahuc, afin de mutualiser les savoirs, créer des complémentarités entre territoires et construire des réponses collectives fondées sur une même philosophie du soin du vivant.

Etude des forêts en présence des Kogis au diagnostic croisé de 2018
Enfin, le projet place la question du vivant au cœur de sa réflexion, y compris dans sa dimension animale. Observer, écouter et mieux comprendre le rôle des espèces dans le fonctionnement global des écosystèmes devient une condition essentielle pour imaginer des modes d’habitation et de gestion plus respectueux des équilibres naturels. Le Géolab de La Comtesse se présente ainsi comme un espace de recherche-action où se croisent sciences, pratiques de terrain et approches sensibles pour inventer de nouvelles formes de cohabitation avec le vivant.
Présentation du projet par les acteurs du groupe cartographie
Un premier rendez-vous réunissant l’ensemble des acteurs de l’aventure ShikwakaLAB s’est tenu récemment au sein d’un autre laboratoire de l’aventure : les viticulteurs de Chablis. À cette occasion, chaque équipe a présenté sa démarche, ainsi que les pistes d’exploration envisagées avec les peuples de la Sierra.

Représentation des dimensions invisibles du territoire diagnostiqué dans le Haut-Diois, selon la vision des Kogis. De gauche à droite : Zhakuajube, Maku, Kagshibaka, Junkuakukui, Jugukui, Nugsuzuldue, Nagkuakuka. Dessin réalisé par Ana Maria Lozano avec les Kogis en 2018


