Attentes liées à la venue des Kogis
La venue des Kogis constitue une opportunité rare de déplacer les regards et d’interroger nos cadres habituels d’analyse et d’action. Elle ouvre un espace de dialogue interculturel fondé sur une relation d’égal à égal, où chaque partenaire est porteur d’un savoir légitime et d’une expérience ancrée dans un territoire.
L’un des enjeux majeurs réside dans la mise en discussion des différentes formes de connaissance : savoirs scientifiques d’un côté, savoirs empiriques de l’autre, entendus ici comme des connaissances construites par l’observation attentive du réel et l’attention portée aux faits. Ces savoirs empiriques sont souvent relégués au second plan, alors même qu’ils sont fondamentaux, notamment pour comprendre les liens entre sous-sol, sol et dynamiques hydrauliques.
Les agriculteurs, par exemple, observent quotidiennement leurs sols et ajustent leurs pratiques en fonction de l’humidité, de la structure ou de la fertilité perçue. Cette capacité d’adaptation permanente constitue une forme de capitalisation par l’observation, extrêmement précieuse. Il apparaît essentiel de reconnaître, conforter et valoriser cette intelligence pratique du territoire.
La rencontre avec les Kogis peut également contribuer à sortir d’une appropriation de la science par quelques-uns et à dépasser une vision strictement technico-ingénieriale, souvent généraliste, au profit d’une approche plus située, sensible et systémique des milieux.
Au-delà de la dimension symbolique, la démarche se veut résolument pragmatique : produire des effets concrets dans la manière de lire, comprendre et gérer le territoire. Cela pourrait notamment se traduire par une évolution des outils mobilisés, en passant d’une cartographie strictement scientifique à un système de cartographie intégrant une notation ou une qualification des connaissances, devenant ainsi un véritable outil de gestion et de transmission des savoirs.



